Europol n’est pas une police fédérale, mais l’agence basée à La Haye a vu son rôle considérablement s’étendre ces dernières années. Elle coordonne désormais des opérations conjointes contre le trafic de stupéfiants, la traite d’êtres humains et la cybercriminalité organisée, en appui direct des polices nationales.
Son mandat élargi lui permet de traiter davantage de données personnelles et de soutenir les enquêtes transfrontalières dès leurs premières heures, plutôt qu’après coup. Les officiers de liaison détachés par chaque État membre travaillent au sein de l’agence, créant un point de contact permanent entre vingt-sept systèmes judiciaires différents.
Ce renforcement suscite aussi des débats : jusqu’où une agence européenne peut-elle intervenir sans empiéter sur la souveraineté judiciaire des États ? Le compromis actuel privilégie l’appui opérationnel et l’analyse, laissant aux autorités nationales le pouvoir final d’enquête et de poursuite.