Bruxelles ne traite plus le terrorisme comme une affaire strictement nationale. Depuis les vagues d’attentats qui ont frappé plusieurs capitales européennes au milieu des années 2010, les Vingt-Sept ont progressivement construit un dispositif commun de lutte contre les menaces hybrides — ce mélange de terrorisme, de désinformation, de sabotage et de cyberattaques qui ne respecte aucune frontière.
Une réponse construite pas à pas
La création de centres d’échange d’informations, le renforcement du mandat d’Europol et la multiplication des exercices conjoints entre polices nationales témoignent d’une volonté d’anticiper plutôt que de simplement réagir. Les services de renseignement des États membres partagent désormais davantage de données opérationnelles qu’il y a dix ans, même si chaque pays conserve la maîtrise de ses propres sources.
Cette coopération reste toutefois fragile. Les cultures administratives diffèrent, les cadres juridiques nationaux ne s’alignent pas toujours, et certains États rechignent encore à transmettre des informations sensibles. L’Union mise sur la confiance progressive plutôt que sur une fusion complète des appareils sécuritaires nationaux.